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Eglise Sainte-Macre

L’Église Sainte-Macre

L’orgue de l’Eglise Sainte-Macre

Sainte MACRE, vierge et martyre (286 ?- 303)

Sainte Macre est la patronne des paroisses de Fismes, Fère-en-Tardenois et Longueval.

 

Sa vie

 

A la fin du IIIème  siècle, la Gaule fait partie de l’Empire Romain. La religion romaine est la religion officielle, mais le christianisme s’y implante fortement sous l’impulsion de missionnaires venus de Rome : Quentin dans le Vermandois, Crépin et Crépinien à Soissons, Rufin et Valère à Bazoches.

Au début du IVème siècle, le Préfet romain Rictiovare est envoyé pour rétablir l’ordre dans le Nord de la Gaule  et ordonne une persécution contre les chrétiens.

Macre, née vers 286, est une jeune catéchiste, pieuse et dynamique. Son zèle et son amour pour les pauvres lui valent la haine des païens qui la dénoncent à Rictiovare. Accusée de donner refuge à des opposants à l’autorité romaine, elle comparaît devant le préfet pour subversion. Comme elle refuse d’adorer la statue de Jupiter, elle subit plusieurs supplices auxquels elle résiste. Le 6 janvier 303, elle est brûlée vive dans les bois de Fismes, au lieu-dit « Lice », île au confluent de l’Ardre et de la Vesle. (Tableau de Paul Gomez au fond de l’église.)

Le récit de son martyre est consigné dans un manuscrit trouvé à l’abbaye de Braine et rédigé en latin par Nicolas Belfort, chanoine régulier de Saint-Jean-des Vignes de Soissons ; il se trouve également dans le martyrologe romain.

 

Ses reliques

 

Au VIème siècle, un berger découvre, enterrés, les ossements de la sainte. Aussitôt exhumés, ils sont transportés dans l’église Saint-Martin de Fismes. De nombreux malades, aveugles, sourds, boiteux y auraient trouvé la guérison… La dévotion à Sainte Macre s’établit alors en ce lieu et s’y perpétue au cours des siècles. Les paroisses de Fère-en-Tardenois et de Longueval prennent alors Sainte Macre pour patronne mais ne possèdent encore aucune  relique de la sainte.

Le 10 juin 1643, la translation de quelques ossements a lieu solennellement avec l’assentiment des habitants de Fismes et l’agrément officiel de Mgr. Léonor d’Etampes de Valençay, archevêque de Reims.

C’est cette relique, un os du bras, qui se trouve toujours dans l’église de Fère-en-Tardenois, à l’intérieur d’une châsse placée dans la niche au dessus de l’autel latéral gauche, l’autel  Sainte-Macre.

La fête de Ste-Macre est célébrée à Fismes le 2 mars (anniversaire de la découverte des reliques) et à Fère-en-Tardenois, le 7 janvier (lendemain de son martyre).

Église  Sainte-Macre

 

Histoire et architecture

 

église sainte macreUne charte donnée en 1262 par Marie de Bourbon, veuve de Jean de Dreux (mort à Nicosie, en Chypre, en 1248 aux côtés du roi Saint Louis), Dame de Fère, fait mention d’une église collégiale avec chapitre composé de plusieurs chanoines.

On ne sait rien de cette église qui a beaucoup souffert pendant la Guerre de Cent Ans (1336-1453). Toutefois, deux arcades de la nef, d’un gothique très primitif permettent de supposer que ce sont les vestiges de cette collégiale, à partir desquels Louise de Savoie (1476-1531), veuve de Jean d’Angoulême et mère de François 1er, fit construire l’église actuelle, dans un style qui sent encore le gothique, mais qui annonce la Renaissance.

L’église a été très endommagée lors du bombardement du 6 août 1918 et restaurée dans les années 1920 avec l’aide d’Etienne Moreau-Nélaton*.

L’église comprend trois nefs juxtaposées. La nef centrale, comme beaucoup d’églises du diocèse de Soissons ne comporte pas de fenêtre.  Remarquez le chœur plus large que la nef, qui permet de suivre les offices aisément depuis les nefs latérales.

 

Retables et tableaux

 

église sainte macreLe retable du Maître-Autel, imposant avec ses colonnes torses et ses dorures, réalisé sans doute entre  1643 et 1653 entoure un tableau de  l’Adoration des Mages de Claude Vignon* daté de 1643.

Au collatéral Sud, à côté de l’autel de la Vierge l’autel du Rosaire est surmonté d’un retable qui encadre une peinture sur toile du 17ème siècle : la Vierge au Rosaire*, entourée de 15 petits tableaux sur bois représentant les Mystères joyeux, douloureux et glorieux*.

Une Vierge à l’Enfant, de l’Ecole de Van Dyck* a été rendue à l’église par la famille d’un officier allemand qui avait « protégé » ce tableau pendant la 1ère Guerre Mondiale.

La plupart des autres tableaux, donnés à l’église par la famille Moreau-Nélaton, sont d’artistes du 19ème siècle.

L’ancien autel de l’église de Courmont* a été installé dans le bas du collatéral Nord. L’Adoration des Bergers est de 1626.

 

 

Vitraux

 

Les verrières du chœur réalisées  par l’atelier  Simon, de Reims en 1959 évoquent le  thème du sacrifice dans l’Ancien et le Nouveau Testament (Moïse et l’Exode, le Martyre et les guerres du 20ème siècle, la crucifixion, Abraham. Elles  ont remplacé les vitraux de Maurice Denis   installés en 1924 et soufflés par un bombardement en 1940. Cependant deux lancettes des vitraux de M. Denis, déposées en 1941 ont été remontées sur les piliers du fond de l’église en 2013. La verrière commémorative de la chapelle St-Louis a été commandée par E. Moreau-Nélaton à M. Denis en mémoire de son fils Dominique mort en 1918 (le poilu dans les bras de l’ange). Marguerite Huré a exécuté ce vitrail inauguré en 1924. Les cartons de la verrière du Rosaire sont aussi de M. Denis, le vitrail réalisé par l’Atelier Jacques Simona été posé en 1943.

 

Orgue*

 

Ce grand orgue, dû au facteur Georg Westenfelder a été installé en 1990. Chaque premier dimanche du mois de mai à octobre et ainsi qu’aux fêtes, la messe de
10 h 30 est accompagnée par l’organiste titulaire Marie-Line Derlon. Des concerts ont lieu plusieurs fois l’an.

 

La Litre, une originalité de l’église de Fère

 

La litre est la bande noire peinte en hauteur tout autour de l’église et sur les piliers, en signe de deuil à la mort d’Anne de Montmorency (1493-1567), seigneur de Fère. Les « alérions », armes des Montmorency y sont peintes régulièrement. Ils sont plus visibles dans le fond de l’église. D’autres  églises sont aussi ornées de litres comme celles de Montreuil-Bellay (49) ou d’Ecos (27).

 

A signaler encore…

  • Sous les orgues deux grandes statues en bois, la Vierge et St-Jean, provenant d’un calvaire du 16ème siècle, une fresque dans la chapelle du collatéral Sud*
  • Un grand Christ en bois sculpté du 17ème siècle, face à la chaire
  • Un mobilier (chaire, banc d’œuvre…) homogène du 17ème siècle
  • A l’extérieur le portail Nord daté de 1706 sans doute du sculpteur local
    Pierre Meunier. Admirer aussi le très élégant clocher.

 

* voir notices détaillées sur la table d’accueil ou près des œuvres.

 

orgue de l'Eglise Sainte-Macre

Orgue Georg WESTENFELDER

L’orgue de l’Eglise Sainte-Macre de Fère-en-Tardenois est un instrument entièrement neuf dû au facteur luxembourgeois Georg WESTENFELDER. Achevé en septembre 1990 et réceptionné en octobre suivant, il est officiellement inauguré en avril 1991 par André ISOIR (1935-2016) qui a participé, par ses précieux conseils, à sa réfection. Cette construction, financée exclusivement par le département de l’Aisne et la commune de Fère-en-Tardenois, résulte de souhaits convergents : celui des élus municipaux, en 1984, de restaurer l’orgue vétuste, ainsi que celui du département, via sa Fédération Départementale des Amis des Orgues, de doter le sud de l’Aisne d’un instrument digne d’intérêt musical. Il remplace celui, médiocre et délabré, refait en 1929 par Félix Van den Brande, réutilisant simplement quelques éléments de la statuaire du XVIIème siècle.

 

C’est initialement le projet du facteur Alain LECLERE, installé dans le Gers, qui est retenu par une commission d’élus, d’organistes et d’experts en 1984. Les travaux engagés pour la réalisation d’un orgue d’une vingtaine de jeux sont interrompus en 1987 par la disparition prématurée du jeune artisan, laissant quelques éléments de buffet, de mécanique et de tuyauterie.

 

La Manufacture d’orgues luxembourgeoise WESTENFELDER, qui n’avait pas participé au premier appel d’offres, est alors sollicitée pour la reprise du chantier ; un projet est élaboré sur une base entièrement renouvelée et élargie, conservant seulement le soubassement du grand corps et la structure du positif dorsal construits par l’entreprise précédente. L’esthétique musicale dominante est d’inspiration germanique, sans souci de reconstitution précise afin de privilégier un très large répertoire. La conception du buffet tient compte des origines de la présence d’un orgue dans cette église depuis le XVIIème siècle et témoigne de l’influence encore sensible de la Renaissance. Les 33 jeux sont répartis sur deux claviers et un pédalier.

 

orgue de l'Eglise Sainte-Macre

Enregistrement réalisé à l’orgue WESTENFELDER de Fère-en-Tardenois en septembre 2015

Cet instrument complète désormais l’éventail des orgues de l’Aisne et prend rang parmi les réalisations musicales les plus intéressantes aux côtés de Saint-Michel-en-Thiérache (classique français), Laon (romantique et symphonique), Saint-Quentin ou Soissons (néo-classiques). Il fait déjà l’objet de nombreux enregistrements discographiques par André ISOIR lui-même, Fabio BONIZZONI… Le denier CD, émouvant hommage de deux élèves d’André ISOIR pour ses 80 ans, a reçu trois distinctions.

 

 

 

Des concerts sont organisés régulièrement. Vous y êtes les bienvenus !