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Ancienne Halle aux grains

Ancienne halle aux grainsConstruite vers 1550
Classée Monument historique le 19 avril 1921
Une architecture impressionnante et unique
Une histoire mouvementée
Des utilisations variées

 

 

 

 

 

 

 

 

Au sol 42,36 m x 13,75 m soit 582,45 m². Le grenier est soutenu par 24 piliers extérieurs en pierre et 9 piliers centraux en châtaignier, qui proviennent, comme la charpente, des châtaigniers du parc du château. Aucune toile d’araignée donc !

L’imposante toiture est recouverte d’environ 72 850 tuiles plates. Sa dernière restauration vient de s’achever en septembre 2014.
Construite vers 1550 par Madeleine de Savoie, épouse d’Anne de Montmorency, alors seigneur et baron de Fère, sur le lieu-dit « la Bruyère », actuelle place Aristide Briand et destinée à servir d’entrepôt obligatoire pour le commerce des grains, moyennant une taxe nouvelle de « minage et mesurage» au profit du seigneur, payée par les Férois. Or cette taxe était d’un montant identique à
celle payée par les paysans des communes environnantes. Donc la halle fut très mal acceptée par les habitants de Fère qui obligèrent Anne de Montmorency à transiger. Une première manifestation d’organisation municipale.

Les blés apportés par les paysans étaient stockés dans l’immense grenier. A combien peut-on estimer sa capacité ? 600 t ? 800 t ?
Qu’en pensent les visiteurs ? les agriculteurs ?
La vente s’effectuait sous la halle, qui fut le témoin de nombreux conflits entre spéculateurs et pauvres gens, surtout lors des disettes de 1586, 1756, 1775, 1788, 1817, 1870. Le blé était alors la base de la nourriture, la pomme de terre ne se développe qu’à partir de la fin du 18ème siècle et surtout au cours du 19ème siècle.

A la fin du 18ème s. le duc d’Orléans (Philippe Egalité) est seigneur de Fère. En 1792, ses biens sont vendus et la halle fait partie du 2ème lot échu à M. Blazwait, mais la propriété n’en est pas établie de façon précise. Une curieuse transaction intervient le 3 novembre 1800 : la ville devient propriétaire du rez-de-chaussée et d’une partie du grenier, M. Blazwait restant propriétaire du reste.
Dès lors la halle est réservée aux marchés : le dernier mercredi du mois, puis deux mercredis par mois le marché franc ou marché aux petits porcs se tenait devant la halle ou autour de la fontaine abreuvoir.
La halle est aussi le théâtre des festivités locales.
En 1895, la municipalité projette de démolir la halle pour construire un nouvel hôtel de ville. M. Etienne Moreau-Nélaton (Paris, 1859-1927), historien, archéologue, peintre, collectionneur
d’art et mécène de la France et de la ville de Fère, se fait élire conseiller municipal (sa propriété borde la place) sur la liste d’opposition, rachète la part de M. Blazwait, sauvant ainsi la halle
de la démolition. Il participe financièrement à sa restauration avant de donner sa part à la ville.
En 1914, lors de la 1ère bataille de La Marne, l’état-major du général French qui commande l’armée britannique s’installe à Fère dès le 12 septembre. Les halles sont alors transformées en ambulance, c’est-à-dire en hôpital de campagne. Messidor Bouleau, qui a alors 10 ans, se souvient dans SOIXANTE ANS APRES (1977).

Des cloisons à double épaisseur de planches, fermaient l’extérieur. Le plafond était peint en blanc, les poutres en bleu ardoise. Un lino recouvrait toute la surface du sol en terre battue. Pharmacie et salle de garde trouvaient refuge dans l’ancien bâtiment des pompes, près de l’escalier du grenier. Les W.C. étaient face à la rue de l’Ange, là où il y avait un escalier à cette époque ; un gros poêle à ailettes assurait le chauffage. L’éclairage se faisait au gaz et à l’électricité.

représentation de la Jeune fille ViolaineLes bombardements de 1918 n’épargnent pas la halle. Cherchez les poutres qui portent encore les marques des bombes !
La halle abrite toujours le marché le mercredi matin, et sert de cadre à diverses manifestations : bals du 14 juillet et de la fête patronale (1er week-end de septembre), distributions des prix,
brocantes, spectacles, concerts, représentations théâtrales : ainsi y fut jouée en 1946 la première version de la Jeune fille Violaine de Paul Claudel, sous la direction de Jean Steinmann.
Une autre représentation de la Jeune fille Violaine, 9 juillet 1955.
Montez au grenier pour admirer l’impressionnante charpente et évaluer le volume ! Vous découvrirez un moulage en plâtre au 1/3 du socle de la Victoire de Samothrace qui se trouve au Louvre. Est ce une épave laissée par E. Moreau-Nélaton ???